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Les plantations de bois d’œuvre en Guyane : l’avenir des bois de construction ?

A l’occasion d’une restitution le 30 mars, à mi-parcours, d’une étude conduite par le Cirad et l’ONF en Guyane, les acteurs de la filière bois et de la recherche ont souligné l’intérêt d’inclure les plantations d’essences forestières pour la production de bois dans le cadre actuel de la gestion forestière et de l’exploitation de la forêt naturelle.

En Guyane aujourd’hui, la production de bois repose essentiellement sur l’exploitation de la forêt naturelle. La diversité des espèces et les contraintes d’exploitation fournissent du bois de très grande qualité, mais mauvais marché par rapport au bois de construction provenant d’Europe.

A partir des années 70-80,  le Cirad et l’ONF ont planté une quarantaine d’espèces forestières, guyanaises et exotiques, dont certaines  ont pu être testées en 2014 et 2015 au travers de différentes mesures (taux de survie, volume et biomasse de bois total et de bois d’œuvre produite, forme, durabilité, propriétés physiques et mécaniques,  densité),…. Avec des volumes de bois produits dépassant les 600m3/ha (soit >20m3/ha/an) sans aucune utilisation d’intrants, cette étude montre déjà,  que plusieurs espèces forestières  présentent un potentiel de production de bois d’œuvre intéressant. Cinq espèces guyanaises et une espèce exotique ont été retenues pour poursuivre l’étude : le Wanakouali (Vochysia tomentosa), le Simarouba (Simarouba amara), la Bagasse (Bagassa guianensis), le Laurel ou Cèdre Sam (Cordia alliodora) et le Niangon (Heritiera utilis)  

La productivité de ces espèces dépend cependant de la qualité des sols où elles ont été plantées. « Certaines espèces, comme le wanakouali ou le Simarouba, nous ont réservé des surprises car elles ont eu une bonne production de bois, malgré des sols très médiocres », se réjouit Eric Nicolini, chercheur au Cirad, responsable de l’étude « ForesTreeCulture » avec l’ONF. « A l’inverse, d’autres comme le Niangon, le Gonfolo et le Carapa, nous ont révélé l’importance du choix des sols sur la productivité », précise-t-il.

Ces résultats ont été présentés aux acteurs de la filière bois au campus agronomique de Kourou, sur le dispositif forestier de Paracou et au laboratoire de sciences du bois à Pariacabo (Kourou). L’InterProBois, Bois et Sciage Guyanais, Solicaz, la Maison de la forêt et du bois, la Direction de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt, le Parc Amazonien de Guyane et AgroParisTech étaient présents.Tous ont souligné l’intérêt de poursuivre ce travail.

« La filière bois arrive à un moment charnière de son histoire puisque d’ici quelque dizaine d’années, l’exploitation traditionnelle de la forêt naturelle devenue trop coûteuse cédera sa place à l’exploitation de la forêt plantée », ont-ils conclu.

La plantation d’essence fixatrice d’azote a également été évoquée pour enrichir les sols et récolter du bois énergie en moins de 10 ans, mais aussi éclaircir pour laisser place au bois d’œuvre.

Publiée : 08/04/2015

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